[*] Article originellement paru, sous une forme légèrement différente, dans Hors-Champ n°6, printemps/été 2001, pp. 36-41.
[1] Voir notamment ses commentaires dans les interviews placées avant chacun des films sortis en cassette vidéo (Twentieth Century Fox, 1997) dont la jaquette mentionne : "The Star Wars special edition brings his legendary film closer to the original vision of its creator, George Lucas." Cette phrase, tout à fait en phase avec le discours tenu par Lucas, procède dune volonté de relancer lengouement grâce à lattrait du "bonus" et de souligner que la technique reste soumise à ses choix de "créateur", ce qui devrait faire de lui un "auteur".
[2] Par exemple au travers des BD, "mangas", jeux de rôles ou des nombreux ouvrages publiés en France dans la collection Fleuve Noir, qui proposent des développements narratifs venant se greffer sur des éléments présents dans les films (ramifications, intrigues parallèles, passé dun personnage, etc.). Cette masse discursive située à la périphérie des films est si importante quil existe des jouets représentant des personnages qui, absents des films, napparaissent que dans dautres manifestations parafilmiques.
[3] Lécran post-moderne, LHarmattan, Paris, 1997, p. 8.
[4] "Du spectateur fictionnalisant au nouveau spectateur : approche sémio-pragmatique" in Iris, n°8, Editions Analeph, Limoges, 1988. Odin utilise ce terme pour parler du type de lecture requis par le Metropolis de Moroder, réédition de 1984 du film de Lang où interviennent couleur et musique de style opéra-rock. Cet aspect correspond tout à fait à la notion de "film-concert" chez Jullier.
[5] La musique au cinéma, Paris, Fayard, 1995, p 160.
[7] Cette notion qui renvoie à la position dun personnage dans un système relationnel provient de la célèbre tentative de formalisation proposée par A.-J. Greimas (Sémantique structurale, Larousse, Paris, 1966). Dans La Menace fantôme, même ce qui devrait constituer un revirement de situation est calqué sur une formule déjà éprouvée dans Le Retour du Jedi : à la peuplade des Ewoks correspond celle des Gun Gan.
[8] En témoignent certains produits dérivés apparus entre le passage dans les salles des "Special Editions" et la sortie de La Menace fantôme : certaines figurines Kenner (Episode I Photo Flash-back, 1998) furent vendues avec une image tirée du film qui, actionnée par une languette, se transforme pour laisser découvrir le personnage "équivalent" dans le film à venir. Cette correspondance ne repose pas toujours sur lévolution dun personnage, mais le plus souvent sur la place occupée par le personnage dans le récit : Anakin remplace Luke, Amidala se substitue à Leia... On rassure ainsi le public sur le "produit" à venir : on racontera la même chose, mais autrement.
[9]
Comme il sagit ici de convaincre Jabba de libérer Han Solo, chaque
apparition se présente comme une "performance" visant à ce but.
La nature spectaculaire peut également échapper au protagoniste
lui-même, comme lorsque la princesse tente, la nuit tombée (hors
de la scène éclairée par les projecteurs), de libérer
Han : tout à coup, "le rideau tombe" (au sens littéral du
terme) et le public caché jusque-là apparaît et démasque
Leia.
Notons que les corps eux-mêmes ne sont pour
Jabba que purs objets dexhibition : Han, congelé dans de la
"carbonite", est suspendu au mur tel un tableau ; Leia sera contrainte
de se tenir en tenue légère tel un ornement à côté
de la bête.
[10] Texte prononcé dans lintroduction du chapitre "scènes inédites" du DVD.
[11] Il faut remarquer que pour faciliter le jeu des acteurs véritables ainsi que le choix du cadrage, une personne déguisée occupait effectivement, durant le tournage, la place ultérieurement destinée à ce personnage virtuel. Les photos de tournage montrent dailleurs quil sagissait dun acteur noir (comme pour Lando, le traître de lEmpire contre-attaque), ce qui se ressent au niveau de la voix... De là à voir une pointe de racisme dans le traitement de ce personnage certes sympathique mais primitf et maladroit, il ny a quun pas.